Sphère émotionnelle

Attirance ou Amour ?

Attirance ou Amour ?

Attirance ou Amour ?

Attirance ou amour ? La question ne se pose généralement pas dans les premiers instants d'une rencontre, et pourtant...

Il semble que la plupart des malentendus conjugaux conduisant à une séparation ou un divorce, soient dus pour partie à une confusion relativement répandue quant à l'identification des sentiments éprouvés pour son/sa partenaire. Il peut en effet s'avérer compliqué de discerner les sentiments qui relèvent de l'attirance et du désir de ceux qui relèvent de l'amour, à plus forte raison lorsque l'on est pris dans le tourbillon émotionnel d'un coup de foudre. 

Si l'attirance et le désir répondent généralement à un certain nombre de critères liés aux principes de séduction, s'ils s'organisent de façon relativement logique, visible et connue, l'amour quant à lui revêt un certain nombre de formes dont certaines excluent la sexualité (amour parental, fraternel, platonique, aromantique, etc.) mais nous traiterons ici de l'amour romantique, ce sentiment si mystérieux, si puissant et fragile à la fois qui unit deux personnes et les conduit à partager un même chemin de vie. 

Nous savons que les mécanismes à l'origine de l'attirance d'une personne pour une autre sont de trois ordres : naturel, sexuel et culturel. 

L'attirance physique n'est donc pas une simple affaire de goûts personnels déterminés par des influences socio-culturelles. De nombreuses expériences ont d'ailleurs montré que notre conception même de la beauté, qui reste un critère de sélection déterminant dans le choix du partenaire amoureux, était largement influencée par un certain héritage lié à l'évolution même de l'espèce.

Notre cerveau est modelé par la notion de sélection naturelle.

Celle-ci nous fait préférer les personnes dont le physique suggère une bonne santé aux autres, susceptibles d'être porteuses de maladies ou de malformations. Ce mécanisme présente la particularité d'être tout à fait inconscient et entend répondre à un intérêt supérieur à celui de l'individu : la perpétuation de l'espèce.

Viennent ensuite les mécanismes de sélection sexuelle.

Du point de vue naturaliste, la sélection sexuelle est un puissant adjuvant à la sélection naturelle, en ce sens qu'elle permet aux mâles les plus résistants et les mieux adaptés d'assurer une descendance plus importante. En effet, à la page 137 de L'origine des espèces, Darwin écrit : "La compétition sexuelle ne se termine pas par la mort du vaincu, mais par le défaut ou par la petite quantité de descendants."  La sélection sexuelle s'opère de deux façons : la compétition entre les mâles rivalisant de force, d'agressivité ou d'attributs sexuels "ornementaux" en vue d'être l'élu de la femelle et la sélection directe par celle-ci du mâle avec lequel elle choisira de s'accoupler. Ce qu'il applique au règne animal, Darwin l'applique également à l'homme. Dans une correspondance à son homologue Alfred Russel Wallace, il affirme : "La sélection sexuelle a été l'agent le plus puissant dans la transformation des races humaines." (More Letters of Charles Darwin, vol.1, p. 33). 

Les critères socio-culturels déterminent également l'attirance d'une personne pour une autre.

Parmi ces critères nous trouvons les critères de beauté. Bien sûr, nous admettons sans mal que la beauté puisse être dans l'œil de celui qui regarde, mais ce regard est corrélé à une vision globale, elle-même soumise à l'influence des différentes cultures. Par exemple, le concept de beauté intérieur de nos sociétés occidentales, utilisé pour qualifier la gentillesse ou la grandeur d'âme n'est pas sans évoquer la référence chinoise aux Quatre beautés, marquant l'importance que les femmes chinoises portent à l'esprit, la connaissance et l'intelligence dans l'évaluation de la beauté.


Les quatre beautés de la Chine antique

Le statut social est également l'un des critères qui déterminent le choix d'un partenaire. Pour un certain nombre de femmes, la réussite professionnelle, la position sociale d'un homme le rendent attirant quand bien-même aurait-il un physique quelconque. Les signes extérieurs de sa condition (belle maison, voiture haut de gamme, style vestimentaire...) inspirent admiration et sécurité car pour une femme qui envisage l'avenir sur le long terme, tel homme représente un parti à même de subvenir aux besoins de la famille. 

Mais notre conception de la beauté est également liée à de nombreux autres facteurs dont certains sont d'ordre chimique. C'est ainsi que plusieurs études ont révélé que l'ovulation joue un rôle majeur sur les critères physiques retenus par les femmes quant au choix de leur partenaire masculin. Plusieurs études ont démontré que lorsqu'elles ovulent, les femmes ont tendance à voir leur préférence aller plutôt vers des hommes à la physionomie très virile, quand celles qui sont dans des phases moins actives leur préfèrent des caractéristiques plus douces, voire androgynes. Peut-être même les femmes remarqueront-elles que leur tenue, elle aussi, diffère en fonction de leur cycle menstruel, plus sexy et provocante en période d'ovulation, plus classique et discrète hors de celles-ci.

D'autres mécanismes inconscients se mettent en place dans les situations d'attirance sexuelle.

L'identification du prétendant au père ou à la mère est l'un des plus connus d'entre eux et qu'il s'agisse de rechercher son identique ou son contraire, les mêmes circuits neurologiques sont activés. D'autres sources d'attraction prennent racine dans les confins du psychisme et parfois à travers la mémoire traumatique, lorsqu'il s'agit par exemple d'être invariablement attiré(e) par un type d'homme ou de femme particulièrement toxique. Ces relations peuvent-elles être qualifiées de relations amoureuses ? D'un point de vue strictement sémantique, assurément non. Pourtant les souffrances qui en découlent sont aussi qualifiées de "chagrins d'amour". Ces relations occasionnent le plus souvent de graves blessures narcissiques venant s'ajouter au cortège funeste des traumatismes subis souvent depuis l'enfance ou même à la psychogénéalogie de la personne. 

Alors, qu'est-ce que l'amour ? Quel est ce sentiment que l'on dit éprouver lorsqu'on est amoureux ? Mais être amoureux, est-ce vraiment de l'amour ? 

Nous aurons bien des difficultés - et cela n'est d'ailleurs pas dans nos intentions - de donner une définition à un mot qui suscite déjà tant de débats quant à ses multiples formes et expressions. Au contraire, nous poserons une question dont la réponse pourrait couper court à toute polémique. Plutôt que raisonner en termes de diversité d'expression de l'amour, nous le ferons en termes de force. Parce que la question de la force de l'amour convoque les concepts d'absolu, d'abnégation, de générosité et qu'il nous semble qu'en la matière, ce doit être "tout ou rien", qu'on ne saurait aimer vraiment de façon conditionnelle, partielle ou dispersée.  Et de ce point de vue, il sera d'autant plus facile de discerner la véritable nature de ses sentiments que l'on sera à même de répondre à cette question ne concernant plus seulement la passion, le désir, l'attirance physique, ou même le sentiment amoureux, mais le degré d'implication que l'on est prêt à atteindre, envers et contre tous les aléas de l'existence :

Qu'en sera-t-il de mes sentiments si demain la personne que j'aime est foudroyée par une attaque cérébrale, un accident de la route ou une maladie grave ? 

Nous avons choisi cette question plutôt qu'une autre traitant de l'infidélité, de la violence ou de la non réciprocité des sentiments parce que nous pensons plus pertinent d'exclure toute problématique impliquant une fragilité manifeste ou une quelconque anomalie au sein du couple. Alors, attirance ou amour ? Osons nous poser cette question en toute honnêteté et tirons-en les conclusions qui naturellement, n'appartiendront qu'à nous.


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