Sphère émotionnelle

BDSM : Domination/soumission, principes généraux

BDSM : Domination/soumission, principes généraux

BDSM prévention - L'exercice de la domination ne s'improvise ni ne se pratique sans un minimum d'introspection préalable, de préparation et surtout, de principes de base qui sont avant tout des principes moraux.

BDSM : Domination/soumission, principes généraux

En latin, dominare, c'est exercer la souveraineté, celle du maître, du dominus.

Le droit romain connaît le dominium, propriété des choses et la potestas dominica, pouvoir du maître sur l'esclave. Celui qui domine exerce une contrainte sur la conduite d'autres personnes. La domination résulte du recours à la puissance pour obtenir l'exécution de décisions par une personne ou un groupe. Elle exprime un rapport de dissymétrie sociale entre dominants et dominés, même sans coercition effective, l'obéissance des dominés étant généralement consentie dans la mesure où le pouvoir est considéré comme légitime.  (Encyclopédie Universalis). 

S'il ne s'agit pas de traiter d'un sujet de philosophie ou d'un thème sociétal, on ne peut éviter de transposer cette description à la relation D/s. Sauf erreur, le dominant exerce bien une contrainte sur la conduite de sa soumise par le recours à la puissance. Se met bien en place une dissymétrie sociale entre le dominant et la soumise mais à un détail près, celle-ci a donné son aval, son consentement, du moins en théorie. Parce que, comme nous le verrons, tout ne va pas toujours pour le mieux dans le meilleur des monde BDSM.

BDSM : préparation, responsabilité !

S'il est relativement facile d'imposer un point de vue, une religion, une politique, une idéologie, un programme TV ou le fameux poulet-haricots-verts du dimanche, l'exercice de la domination ne s'improvise ni ne se pratique sans un minimum d'introspection préalable, de préparation et surtout, de principes de base qui sont avant tout des principes moraux. Ce qui peut être apostrophant tant il est vrai que nous avons affaire ici à une communauté dont la pensée se réclame de l'anticonformisme, de la subversion, voire de la transgression.

La pratique de la domination n'est donc pas censée être un exutoire, ou un crachoir à frustrations. Je ne décide pas de devenir dominant pour pallier un mal-être, un besoin de reconnaissance, même inconsciemment. Je suis dominant parce que ma nature m'y invite, parce qu'en général, j'aime contrôler les choses et que j'ai trouvé dans ce type de relation, une satisfaction profonde dans l'échange et l'enrichissement réciproque. Je ne décide pas un beau matin d'être dominant, je le suis par nature. J'aime contrôler les choses en général et lorsque je domine ma partenaire, je le fais au service de son plaisir, ce qui aboutit au mien. "Je pense être naturellement dominant. Même lorsque je switche, il m'est difficile de perdre le contrôle et j'arrive souvent à le garder un minimum malgré tout, et parfois même à le reprendre mine de rien… Mais c'est toujours au service du plaisir de mes partenaires."

La plupart des dominants interrogés sur la question "Pourquoi dominer ?" révèlent, non pas un besoin d'assujettir ou d'écraser leur partenaire par pur plaisir sadique, mais bien au contraire, un rôle protecteur, se réclamant même de l'éducation : "Pour ma part les pulsions qui me poussent vers la Domination sont le besoin de protéger l'autre et de le faire grandir. J'aime sentir le contrôle qu'elles acceptent de m'offrir sur leur esprit."  "Ce qui me plait dans le travail de domina, c'est de conduire mes partenaires au lâcher-prise, de leur offrir cet espace. Et quand on parvient au subspace, c'est la plus belle gratification..." Il existe donc une forme d'altruisme et de bienveillance chez la plupart des personnes dominatrices, tout comme il existe un besoin plus ou moins conscient d'évacuer la part de violence propre à tout humain : "Après, d'un point de vue plus égoïste, exercer ce rôle permet d'exprimer une certaine sauvagerie qui a peu d'endroits où s'exprimer par ailleurs, ne faisant pas de sports de combats ou autres activités violentes. Et si je déteste la violence, j'en ai malgré tout en moi, et ces jeux me permettent de l'exprimer de manière sécurisée, dans un cadre et un temps définis." 

Dominer c'est donc avant tout être conscient que domination et égoïsme sont parfaitement antinomiques, savoir discerner sa part d'ombre permet de la gérer plutôt que la transférer sur ses pratiques BDSM, ce qui peut s'avérer non seulement malsain mais dangereux. C'est comprendre que l'on apprend autant de la personne soumise qu'elle peut en apprendre sur elle-même à travers soi. Chacun devient le complément de l'autre dans une danse sensuelle, cérébrale, sexuelle ou non, mais toujours intime. 

Commentaires (1)

Poster un commentaire

Dans la même thématique

Osphères c'est avant tout...

Une information fiable, objective et diversifiée

Une approche décomplexée, éthique et responsable de la sexualité et de l’érotisme

Un espace privilégié de rencontres et d'échanges

Un univers où prévalent les principes de respect, de courtoisie et d’ouverture.

X