Sphère émotionnelle

John Currin, une oeuvre féministe !

John Currin, une oeuvre féministe !

John Currin, né en 1962, est un peintre américain dont le travail s’inscrit dans un courant néo-figuratif.

Son influence la plus marquante est sans conteste le maniérisme, un mouvement pictural, sensuel et décadent, très en vogue dans la Venise aristocratique du 16ème siècle, s’opposant au classicisme de la Haute Renaissance. Si au début de sa carrière les critiques d’art ont qualifié son œuvre d’anachronique, la jugeant de peu d’intérêt, aujourd’hui l’artiste est l’une des stars de l’art contemporain américain et ses toiles ne se négocient pas à moins d’un million d’euros. John Currin possède la technique magistrale des grands peintres de l’Europe du nord du 16ème siècle et chacune de ses œuvres rend hommage à l’ensemble de l’histoire de la représentation européenne, de Botticelli à Cranach en passant par les maniéristes, Dosso Dossi et Parmigianino, mais aussi Fragonard, Courbet, Monet, Magritte et même Otto Dix. Ses portraits à contre-courant, décalés, reconnaissables au premier coup d’œil et sa grande maîtrise technique le place en dehors de la scène contemporaine férue d’installations vidéo, de performeurs, d’expositions d’objets hétéroclites, mais aussi de la scène des nouveaux peintres figuratifs, émergée dans les années 90.

      

La rencontre avec l'érotisme de l’œuvre de Currin ne peut se faire en dehors d’un choc émotionnel puissant, sans que l’on sache de prime abord ce qui le justifie. Assurément, le réalisme cru des scènes de sexe, qui semble emprunté à la culture porno offre un argument facile, mais compte tenu de leur classicisme on doute, à la réflexion, qu’elles puissent déclencher d’aussi fortes émotions. Le trouble qui envahit le spectateur serait donc d’une autre nature.