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Les bénéfices du BDSM

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Les adeptes du BDSM ont-ils une meilleure santé mentale ? 

Bien que leurs pratiques érotiques soient toujours définies comme potentiellement problématiques dans la cinquième édition du DSM ( Diagnostic and Statiscal Manual of Mental Disorders), il semblerait que les kinksters soient en meilleure santé psychologique que le reste de la population. L’inscription des pratiques BDSM au DSM-5 reste très controversée, non seulement par les kinksters mais aussi par une partie des psychiatres car il est sûr qu'elle stigmatise une population pour laquelle aucune recherche n’a pu établir de liens entre pratiques et éventuels problèmes psychologiques. 

Andréas Wismeijer, psychologue à l’Université hollandaise de Nyenrode a conduit en 2013 une étude sur un groupe d’adeptes BDSM et ses conclusions sont claires : "Si des distinguos peuvent être établis entre les pratiquants BDSM et les non-pratiquants, ils sont toujours en faveur des premiers." A l’origine, les recherches de Wismeijer étaient centrées sur la psychologie du secret et de la confidence. C’est au hasard d’une rencontre avec le fondateur de l’un des plus importants sites BDSM hollandais qu’il comprend que la population des kinkters présente un intérêt certain pour ses travaux. Via le forum BDSM hollandais, il lance un appel à candidature afin de recruter des membres volontaires de la communauté pour répondre à une enquête. Dans le même temps il crée un autre groupe, non BDSM, par l'intermédiaire d'un  webmagazine féminin et le site de l’Université de Tilburg.

Aucun des sondés, qu’il soit BDSM ou non, ne connaissait exactement le but de l’étude, hormis qu’elle était centrée sur les comportements humains. Au total, 902 adeptes du BDSM et 434 individus "vanilles" complétèrent un questionnaire portant sur la personnalité, le ressenti face à l’abandon, le bien-être et l’implication émotionnelle dans le contexte d’une relation. En sélectionnant ces critères, les chercheurs voulaient s’écarter des études précédentes dirigées sur les facettes extrêmes du BDSM, troubles mentaux et historique d’agression sexuelle des kinksters. 

Au vu des résultats, il s’avéra que les adeptes du BDSM n’étaient pas plus perturbés que les non-adeptes.

D’une manière générale, les kinksters se révélèrent plus extravertis, plus ouverts à l’expérimentation, plus respectueux de leurs partenaires de jeux, moins anxieux et surtout moins enclins à développer des névroses de type paranoïaque. De plus, les tests montrèrent que leur sentiment de bien-être et de sécurité dans la relation était plus élevé que chez les "vanilles". 

Dans le groupe visé par l’étude, 33% des hommes déclarèrent être soumis, 48% dominants et 18% switch (tantôt soumis, tantôt dominants), 75% des femmes se présentèrent comme soumises, 8% dominantes et 86% switch. L’ensemble des dominants, femmes et hommes, obtint les meilleurs scores au test, l’ensemble des soumis, les moins bons, tandis que l’ensemble switch se situait entre les deux. Cependant, les résultats de l’ensemble des soumis furent au pire semblables et souvent supérieurs à ceux du groupe "vanille". 

Bien qu’il leur était difficile de percevoir le but réel de l’enquête, il est possible que les réponses données par les kinksters aient été orientées par leur volonté de présenter une bonne image ou de cacher certains stigmates parfois présents dans la population BDSM. Mais quoi qu’il en soit, pour Wismeijer, ces résultats devaient encourager les professionnels à revoir leur approche du milieu BDSM car rien ne prouvait que ses membres avaient un profil psychologique perturbé. 

Wismeijer ne sut dire exactement pourquoi les adeptes BDSM semblaient psychologiquement en meilleure santé que le reste de la population. Il supposa que la compréhension et l’acceptation de leurs besoins et désirs érotiques laissaient moins de place à la frustration. De plus, le travail psychologique nécessaire pour assumer une sexualité hors-norme et le style de vie BDSM pouvait contribuer à renforcer leur santé mentale. 

Bien évidemment une seule étude ne saurait prétendre déterminer si les pratiques BDSM doivent ou non être inscrites au DSM-5, mais en couplant ces résultats avec ceux déjà établis par de précédentes recherches, ne devrait-on pas accepter que le BDSM puisse a minima être reconnu comme un style de vie ?

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