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Vous avez dit BDSM ?

Vous avez dit BDSM ?

Prévention BDSM - Cet acronyme ne doit jamais être synonyme de mauvais traitements et le consentement, éclairé par la connaissance, la compréhension des enjeux et règles propres à cet érotisme, est en toutes circonstances un prérequis inaliénable.

Vous avez dit BDSM ?

BDSM est un acronyme regroupant "BD", Bondage et Discipline, "DS", Domination et Soumission, "SM", Sadisme et Masochisme. 

Le BDSM est l’expression d’un érotisme particulier, sans obligation de rapports sexuels, qui est avant tout centré sur l’implication psychologique. Beaucoup de gens intègrent des éléments BDSM dans leur vie érotique sans le savoir. Attacher sa/son partenaire et lui procurer des sensations en faisant courir sur son corps des glaçons, par exemple, est déjà une démarche BDSM. Car ce dernier, contrairement à ce qui est couramment admis, n’est pas forcément "hard core", il peut être absolument subtil, sensuel et doux. Recevoir ou infliger la douleur n’est pas la condition sine qua nonne qui qualifie une pratique de BDSM et il y a autant de formes de BDSM que de gens qui s’y adonnent. 

Le BDSM ne doit jamais être synonyme de mauvais traitements et le consentement, éclairé par la connaissance, la compréhension des enjeux et règles propres à cet érotisme, est en toutes circonstances un prérequis inaliénable. Si la personne dominante, dans une relation D/s, ne prend pas en compte les désirs, besoins et limites de la personne soumise, elle entre dans la catégorie des paraphiles de type pervers. La vraie domination exige toujours beaucoup d’attention au bien-être physique et psychologique du partenaire soumis, pendant la séance mais aussi après, et doit être en totale adéquation avec les aspirations de ce dernier. L’empathie est une qualité fondamentale pour qui veut dominer. Être capable de lire parfaitement les réactions de la personne soumise est la clé du processus. Il faut aussi comprendre que la dynamique d’une relation BDSM est impulsée par la personne soumise et non la dominante. Le partenaire, qui endosse le rôle de soumis, a préalablement posé ses limites (qui peuvent varier avec le temps), exposé ses attentes, et peut à tout moment interrompre une séance non conforme au "contrat". Celui qui prend le rôle de dominant accepte de n’être qu’un passeur, un facilitateur qui met en place les conditions idéales à l’expression des désirs du partenaire soumis. Une relation BDSM est saine quand les bénéfices de la séance sont partagés. La satisfaction du partenaire dominant et celle du dominé, dans cette relation bilatérale, doivent aller de concert, chacun jouissant de son plaisir et du plaisir de l’autre. 

D’une manière générale, et les études récentes le confirment, les adeptes BDSM sont des gens équilibrés. Ils ne manifestent aucun signe clinique de perversion, ne sont pas des agresseurs en puissance et ne souffrent pas forcément de troubles traumatiques liés à des expériences antérieures d’abus ou de violences sexuelles. Nous ne prétendons pas ici que les membres de la communauté BDSM n’ont pas d’historique de violence sexuelle mais simplement que le pourcentage de personnes touchées par de telles violences n’est pas plus élevé que dans d’autres groupes de population. De plus, aucune relation n'a pu être scientifiquement établie entre violences sexuelles subies et penchants pour le bondage, la domination, la soumission, le sadisme ou le masochisme. On pourrait parler du BDSM en termes de "trouble mental" à condition que ces fantaisies érotiques soient sources d’angoisses, de dépression, de perte de motivation au travail ou de difficultés à s’intégrer dans le tissu social.

En regardant les pratiques BDSM de l’extérieur, on serait tenté de croire qu’il s’agit surtout de "faire du sexe". Or il n’en est rien.

Le BDSM est un véritable jeu, un jeu de rôles, c’est une fiction érotique où chacun endosse un costume avant d'entrer sur scène. Les actes sexuels sont autorisés mais en aucun cas obligatoires. Toutefois, le jeu est très sérieux et demande de construire un environnement, un contexte psychologique sécure dans lequel il est envisageable d’évoluer érotiquement car certaines pratiques sont risquées psychologiquement, physiquement et les règles du jeu doivent être parfaitement définies. Si votre partenaire réclame d’être forcé avec brutalité, il est recommandé de bien appréhender sa conception de la brutalité. La recherche de sensations, l’envie de repousser les limites du corps et de l’esprit sont des éléments essentiels des pratiques BDSM et dans cette perspective, une façon de se découvrir, de s’affirmer en tant qu’individu. 

Entrer en BDSM, c’est épouser un courant de pensée érotique élaboré qui cherche à promouvoir l’exploration sensorielle comme vecteur de bien-être. C’est une quête des limites, une quête de la connaissance de son moi profond, une quête de jouissance. Comme le dit Francis Bacon : "On ne peut connaître et contrôler sa véritable personnalité qu’au travers de l’expérimentation systématique." 

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