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Sahar Khodayari, la "Fille bleue" iranienne martyre et symbole

Sahar Khodayari, la

En mémoire de Sahar Khodayari, victime de l'apartheid sexiste iranien.

Au XXIème siècle, nous vivons encore dans un monde où les femmes sont méprisées, stigmatisées, violentées, assassinées, pour la seule raison qu'elles sont des femmes. 

La lutte prétendument féministe menée en Occident, consistant à défendre le droit pour une minorité de musulmanes intégristes de porter le voile/hijab/burqini, est un non-sens pur et simple et un outrage à celles qui, à travers le monde, luttent au péril de leur vie, contre cet apartheid sexuel vestimentaire, si cher aux islamistes.

Sahar Khodayari, symbole du combat des Iraniennes.

La jeune femme iranienne âgée de 30 ans, connue sous le nom de « fille bleue » #BlueGirl est décédée lundi 9 septembre dernier des suites de ses blessures, après s'être immolée par le feu. Libérée sous caution après avoir été emprisonnée pendant trois jours, elle faisait l'objet de poursuites judiciaires pour avoir tenté de pénétrer dans un stade de foot déguisée en homme.

En Iran, depuis la révolution islamique de 1979, les femmes sont bannies des stades, mais nombre d'entre elles contournent l'interdiction en se déguisant en hommes. Beaucoup ont d'ailleurs posté des vidéos sur les médias sociaux pour signifier leur mépris de cette interdiction et pour cette raison, ont été jetées en prison. Parmi ces femmes, Zahra Khoshnavaz, Leili Maleki et Hedieh marvasti, incarcérées à la prison de Qarchak en banlieue de Téhéran.


Zahra Khoshnavaz, Leili Maleki et Hedieh Marvasti arrêtées le 12 août 2019

Les arrestations ont eu lieu à la demande de Mehdi Taj,  président de la Fédération iranienne de football, sur une requête des services de renseignements des pasdaran (le Corps des gardiens de la révolution) afin d'empêcher que les femmes et les filles n'entrent dans les stades à l'occasion des matchs de qualification pour la Coupe du monde 2022.

Un geste de désespoir.

Pourquoi la Fille bleue s'est-elle immolée par le feu ? Amnesty International a expliqué qu'en Mars 2019, Sahar Khodayari, alors âgée de 29 ans, s'était déguisée en homme et avait tenté de pénétrer dans le stade national iranien de Téhéran pour assister à un match entre son équipe préférée Esteghlal (Iran) et Al-Ain (Émirats arabes unis) lors de la Coupe d’Asie de l’AFC. L'organisation a ajouté : « Elle a été empêchée d'entrer lorsque les agents de sécurité du stade ont découvert qu'elle était une femme. Elle a par conséquent été arrêtée et conduite à la prison de Shahr-e Rey, un bâtiment désaffecté précédemment dédié à l'élevage de poulets, dans lequel sont maintenues prisonnières plusieurs centaines de femmes condamnées pour des infractions violentes, dans des conditions de surpeuplement et d'insalubrité, puis libérée sous caution deux jours plus tard. » 

Le 3 septembre, Sahar Khodayari sort du tribunal après avoir entendu dire qu'elle encourait une peine allant de 6 mois à 2 ans d'emprisonnement. Effrayée à l'idée de devoir retourner en prison, elle s'immole par le feu devant l'entrée du bâtiment. Brûlée au 3ème degré sur plus de 90% de la surface du corps et les poumons sévèrement endommagés, elle est transférée en urgence à l'hôpital Motahari de Téhéran où elle succombe finalement à ses blessures trois jours plus tard. 


Sahar Khodayari, la "Fille en bleu"

Les accusations contre la fille bleue portaient sur le « port incorrect du hijab », précise Amnesty. « L'arrestation, l'emprisonnement et la tentative de suicide tragiques de Sahar soulignent la nécessité pour l'Iran de mettre fin à son interdiction d'assister aux matchs de sport et l'urgence pour les organismes de contrôle tels que la FIFA de faire respecter ses propres règles en matière de droits de l'homme », a déclaré le groupe dans un communiqué. Selon Philip Luther, directeur des recherches et du plaidoyer pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Amnesty International, « c'est le traumatisme subséquent de son arrestation, de sa détention et des poursuites » qui a causé ce geste de désespoir. « Sa mort doit provoquer un changement en Iran pour éviter de telles tragédies à l’avenir » conclut-il.

Bien qu'elle ne soit pas inscrite dans la loi ou la réglementation, cette interdiction, qui est une violation claire des règles de la constitution de la FIFA, de ses statuts et de sa politique des droits de l'Homme, est appliquée par les autorités du pays. L'article 4 des Statuts stipule en effet que la discrimination à l'égard des femmes "est strictement interdite et passible de suspension ou d'expulsion".

En juin, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a averti la Fédération iranienne qu'elle devait prendre des mesures concrètes pour autoriser les femmes dans les stades ou encourir des sanctions.

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