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Multiorgasme masculin, les facteurs facilitants.

Multiorgasme masculin, les facteurs facilitants.

Multiorgasme masculin, les facteurs facilitants.

Multiorgasme masculin : comment le faciliter ?

L'orgasme multiple, s'il est plus souvent évoqué dans le domaine de la sexualité féminine, n'est pas un phénomène exclusivement réservé aux femmes, même si sa réalisation au masculin répond à un certain nombre de conditions. En effet, la période réfractaire, composante incontournable de la jouissance masculine qui n’autorise la reprise des activités sexuelles qu’après un laps de temps plus ou moins long, n’est pas aussi immuable que l’on pourrait le croire. Voici quelques conseils afin de permettre aux hommes de faire l'expérience de la multiorgasmie.

Maîtrise de l’éjaculation.

Lorsque la multiorgasmie n’est pas innée, il est toujours possible d’apprendre à la maîtriser. William Hartman et Marilyn Fithian, sexothérapeutes et fondateurs du « Center for Marital and Sexual Studies », publièrent en 1984 « Any Man Can », un traité sur le multiorgasme masculin. Leur méthode centrée sur le contrôle de l’éjaculation s’articulait autour de trois idées :

  • stimulation prolongée du pénis par masturbation ; 
  • blocage de l’éjaculation en exerçant une pression sur le gland ;
  • renforcement des muscles du plancher pelvien par les exercices de Kegel.

Les auteurs spécifiaient que le contrôle de l’éjaculation ne pouvait en tout état de cause être efficient sans le soutien d’un puissant muscle pubo coccygien. 

Le renforcement du muscle pubo coccygien en vue d’un meilleur contrôle de l’éjaculation est aussi l’un des principes guidant les disciplines taoïste et tantrique. Pour ce faire quelques exercices s’imposent :

  • réaliser un diagnostic de l’état de tonicité de ce muscle. Lorsque vous urinez, stoppez le jet puis libérez le de nouveau. Répétez l’exercice jusqu’à ce que votre vessie soit totalement vide. Si vous n’éprouvez aucune difficulté vous pouvez en conclure que le muscle est en parfait état de marche. Dans le cas contraire, un entraînement quotidien sera nécessaire ;
  • en inspirant contractez le muscle sans forcer, vous devez sentir les organes génitaux être aspirés vers le haut et l’intérieur du corps. En expirant poussez le muscle vers le bas. Répétez l’exercice en essayant de créer un rythme lent et constant.

Le contrôle de l’éjaculation permet de faire monter la tension sexuelle et d’amplifier les plaisirs sensoriels. Il est aussi essentiel pour parvenir à produire des orgasmes non éjaculatoires ou orgasmes secs et d’accéder ainsi à une forme de multiorgasmie. Pour les tantrikas ou les taoïstes, le contrôle du réflexe éjaculatoire, sa dissociation avec l’orgasme, sont, comme l’écrit Betony Vernon dans « La Bible du Boudoir », le chemin le plus immédiat vers les plaisirs transcendantaux et l’illumination spirituelle. 

Nous reviendrons plus longuement dans un prochain article sur les techniques permettant de contrôler et retarder l’éjaculation.

Le multiorgasme masculin par les psychostimulants.

Il existe de nombreuses substances utilisées comme stimulant de la libido, dans le langage courant on les nomme « aphrodisiaques ». Si cocaïne, amphétamines, poppers ont fait l’objet de quelques expériences scientifiques, les conclusions s’y rattachant sont restées sujettes à caution, car elles n’ont pas été confirmées par des mesures physiologiques. En d’autres termes les chercheurs s’en sont remis aux déclarations des « testés » pour conclure que ces produits avaient un potentiel multiorgasmique. On remarquera quand même que la libido est notoirement suractivée lors d’une prise « raisonnable » de psychostimulants de type, méthamphétamine, cocaïne, cannabis ou alcool.

La multiplicité des partenaires.

Il a été rapporté, notamment par les hommes fréquentant les clubs libertins, que la possibilité de changer de partenaire réduisait la durée de la période réfractaire. Bien qu’aucune étude scientifique n’ait été produite sur le sujet, l’effet Coolidge, un  phénomène connu depuis les années 70, accréditerait la thèse selon laquelle la présence d’une nouvelle opportunité sexuelle aurait une répercussion positive sur la période réfractaire. 

L’effet Coolidge a été mis en évidence de la façon suivante :

  • Un rat mâle dominant est mis en présence de rats dominés et de femelles en chaleur ;
  • Après avoir copulé jusqu’à épuisement, on remarque qu’il se désintéresse complètement de la sexualité ;
  • On lui présente alors d’autres femelles ;
  •  Il appert que dans 60% des cas il regagne suffisamment en libido pour s’accoupler et éjaculer de nouveau.

On peut donc supposer que l’effet nouveauté dope le désir sexuel et, réduisant la durée de la période réfractaire, permet de produire plus rapidement un autre orgasme. Le fait qu’un stimulus sexuel présentant la qualité du changement ait le pouvoir de redynamiser l’excitation a été relevé à de maintes reprises, notamment lors d’expériences réalisées sur la base de vidéos sexuellement explicites. Dans celles-ci il a été noté qu’un même matériel voyait son potentiel d’excitation décroître au fil des visionnages, sauf à y introduire une nouvelle actrice par exemple. 

L’éjaculation empêche-t-elle le multiorgasme masculin ?

De nombreuses données marquent la réalité d’une connexion entre absence d’éjaculation, multiorgasmie et orgasmes plus intenses. Masters et Johnson avaient mentionné cette possibilité. La rétention de l’éjaculation qui ouvre sur des orgasmes secs serait-elle la clé du multiorgasme masculin ? 

Il est aujourd’hui acquis qu’à la suite d’une prostatectomie, qui par définition supprime l’éjaculation, certains hommes deviennent multiorgasmiques et/ou ressentent des orgasmes d’une plus grande intensité. Il semble en être de même pour 30% à 40% des hommes transgenres ayant opté pour la chirurgie de réassignation sexuelle. Il reste maintenant à comprendre parmi les changements qui marquent ces hommes, ceux qui pourraient induire une aptitude à l’orgasme multiple. 

Modulations de la période réfractaire.

La période réfractaire varie de quelques minutes à plusieurs heures. Pour des jeunes hommes en bonne santé elle dure en générale une vingtaine de minutes, mais pour certains, sans que l’on sache pourquoi, elle est beaucoup plus courte. Ce serait chez eux que l’on observerait le plus de situations de multiorgasmie éjaculatoire. On ne connait pas toutefois le pourcentage exact de ces cas. 

La neurobiologie de la période réfractaire n’est toujours pas formellement identifiée. Plusieurs hypothèses ont été émises sans qu’aucune ne fasse consensus. William Hartman et Marilyn Fithian, entre autres, ont émis l’idée que les hommes multiorgasmiques étaient avant tout des individus qui manifestaient une libido et un niveau d’excitabilité simplement hors du commun. Pour eux, l’orgasme n’impliquerait qu’une faible diminution de l’excitation et conséquemment un raccourcissement important de la période réfractaire et donc la possibilité de reprendre rapidement les activités sexuelles pour de nouveaux orgasmes. Ils seraient tout bonnement plus fonctionnels que les autres sur le plan sexuel. 

Conclusion. 

Le multiorgasme masculin n’est clairement pas un mythe. Qu’il soit une faculté innée, le résultat d’un apprentissage méthodique ou la conséquence heureuse d’une opération de la prostate, sa réalité ne peut être niée. Cependant le présenter comme le nec plus ultra de la sexualité masculine est un tant soit peu disproportionné. Si l’on ne peut contester que l’orgasme soit un moment particulièrement intense de la relation intime, il serait absurde de la réduire à cette seule finalité et reviendrait à passer sous silence l’ensemble des sensations voluptueuses qui accompagnent l’acte érotique. Ne pas être multiorgasmique n’est en rien le signe d’une sexualité inaccomplie, comme l’être ne peut être synonyme d’une quelconque surpuissance sexuelle. Porter la focale sur cet unique élément dénote par contre une vision pour le moins étranglée d’un événement complexe et réduire la jouissance à l’orgasme est finalement aussi étrange que réduire un roman à sa conclusion.


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