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Pourquoi certaines femmes sont-elles attirées par les hommes dominants ?

Pourquoi certaines femmes sont-elles attirées par les hommes dominants ?

Pourquoi certaines femmes sont-elles attirées par les hommes dominants ?

L'homme dominateur, plus sexy ?

Êtes-vous sexuellement attirée par les hommes sûrs d'eux, indépendants, virils et au tempérament dominant ou préférez-vous les hommes doux, sensibles et attentionnés ? La réponse dépendra de votre personnalité, de votre chemin de vie, de votre culture, de la société dans laquelle vous évoluez, mais pas seulement. Il existe nombre de facteurs biologiques qui déterminent inconsciemment l'attirance d'une femme pour un certain type d'hommes.

Quelle domination masculine est séduisante pour une femme ?

Il existe différentes manière d'exercer sa domination, cependant les chercheurs considèrent que la domination sociale inclut des caractéristiques telles que l’autorité, le contrôle et le leadership. (1)(2)(3) Mais ces traits de caractère ne sont généralement pas ceux de personnes bienveillantes et attentionnées. Les personnes dominantes ont en effet tendance à être plus égocentriques et insensibles aux sentiments d'autrui, ce qui n'est pas vraiment ce que la plupart d'entre nous recherchons, du moins consciemment, chez un partenaire romantique. Pour que les hommes dominants soient perçus comme désirables, ils doivent associer à cette personnalité gentillesse et générosité. Les femmes recherchent un partenaire "compétitif" face aux autres, mais qui les traite bien. L'attirance d'une femme pour les "mauvais garçons" relève de cette recherche qui révèle un besoin de rassurance.

Influence de l'évolution.

Les psychologues de l'évolution prétendent que les femmes préfèrent les partenaires dominants parce que ces hommes ont des gènes supérieurs. Des recherches scientifiques montrent également que les femmes préfèrent les hommes plus virils quand elles sont au point le plus fertile de leur cycle menstruel, alors que la plupart des hommes ne recherchent pas des femmes dominantes pour des raisons biologiques. (4) 

Une nouvelle étude de Gilda Giebel, chercheuse allemande en psychologie sociale à l'université de Constance (5), va au-delà de ces explications évolutionnistes, qui se concentrent uniquement sur les différences entre les sexes, et examine comment les traits de personnalité affectent la préférence pour les partenaires dominants. Les chercheurs ayant participé à cette étude ont émis l'hypothèse que si un partenaire doux, passif mais sympathique était perçu comme « ennuyeux », les personnes particulièrement réfractaires à l'ennui seraient les plus susceptibles de lui préférer un partenaire dominant. Ils affirment que celles qui marquent un besoin de sensations et d'expériences nouvelles, complexes et intenses, auront davantage tendance à privilégier ce type d'hommes. Le psychologue controversé Jordan Peterson va même jusqu'à prétendre que les femmes détestent les hommes inoffensifs.

La taille, un autre critère de sélection lié à l'évolution.

Les femmes ont également tendance à rechercher les indicateurs de domination chez les hommes, tels que la force physique, des traits du visage masculins et une taille supérieure à la leur. Là encore, l'attirance des femmes pour des hommes plus grands qu'elles, serait liée à la façon dont l'évolution de l'espèce humaine a façonné nos cerveaux, les hommes grands et forts étant censés offrir une meilleure protection à leurs partenaires et à leur descendance. Une étude (5) a d'ailleurs révélé qu'en moyenne, les femmes appréciaient que leur partenaire masculin mesure 21 cm de plus qu'elles alors que le choix des hommes se portait sur des femmes d'une taille de 8 cm inférieure à la leur. 

L'attirance des femmes pour des hommes dominants et plus grands qu'elles, est susceptible d'avoir participé à la perpétuation d'un certain type de gênes, même avant qu'Homo sapiens ne soit apparu. Ces préférences sexuelles et romantiques ne sont pas déterminées par un choix conscient, ni toujours rationnel ou même souhaitable. C'est entre autre la raison pour laquelle certaines femmes subissent des violences conjugales à répétition, attirées ou attirant invariablement les mêmes types d'hommes. La préférence des femmes pour les hommes plus grands et dominants peut donc avoir un coût. Ces hommes, potentiellement plus à même de les protéger, peuvent aussi retourner cette force de domination contre elles. Elles deviennent potentiellement plus vulnérables aux violences physiques et sexuelles de leur partenaire, fait confirmé par les statistiques criminelles montrant que la majorité des victimes de meurtre par un conjoint ou ex-conjoint sont des femmes, des féminicides dont le nombre ne cesse d'augmenter, avec 54 victimes comptabilisées en France entre le 1er janvier et le 15 mai 2019.

Les types de femmes attirées par les hommes dominateurs.

Certaines études(6) ont révélé qu'il existait deux types de femmes marquant une préférence pour des partenaires dominants : celles qui manifestaient une répulsion pour l'ennui et/ou ayant une personnalité désinhibée, et celles sujettes à l'anxiété. Si ces deux types de femmes sont attirées par des hommes dominants, leurs motivations sont différentes. Les femmes anxieuses semblent préférer les hommes dominants parce qu'ils offrent protection et sécurité, tandis que les femmes désinhibées, ayant tendance à s'ennuyer facilement, les perçoivent comme plus excitants. Toutefois, certaines, sujettes à l'anxiété, peuvent rechercher un homme au caractère doux, sensible et bienveillant, qui leur permettra d'oser de nouvelles expériences ou simplement d'explorer leur propre potentiel et éviteront les partenaires dominants qui peuvent essayer de les contrôler et de les limiter.

Le psychotraumatisme, cause d'une autre recherche inconsciente.

Enfin, et nous l'avons évoqué précédemment, il existe un autre type de recherche inconsciente qui conduit certaines femmes ayant été victimes de violences familiales et/ou sexuelles, à toujours être attirée par le même type d'hommes dominants, égoïstes, infidèles, alcooliques, violents etc. 

Si nous ne savons pas grand chose des signaux chimiques induisant ce type d'attraction (la plupart du temps, au début d'une relation, les hommes violents sont de parfaits gentlemen qui ne laissent rien paraître de leur tendance à la violence), nous savons en revanche que les symptômes d'un psychotraumatisme, dont l'état de dissociation, rendent les victimes facilement influençables, "hypnotisables". Considérant le talent de certains hommes violents pour la manipulation, la fragilité des victimes, leur manque de confiance en soi et l'image catastrophique qu'elles ont d'elles-même en font des proies de choix. Alors qu'elles recherchent des hommes dominants et donc potentiellement protecteurs et sécures, elle se trouveront dans l'incapacité de percevoir les signes évidents d'une manipulation visant à les soumettre. Tel homme sera souvent perçu par ces femmes dissociées et donc vulnérables, comme quelqu'un de supérieur et d'important, de beaucoup plus intelligent qu'elles, quelqu'un de fascinant, d’une autre essence, quelqu'un dont elles pourraient même se croire "amoureuses", du fait de ces mécanismes de dissociation. (7)

Bien que nos préférences fondées sur la biologie échappent largement à notre contrôle conscient, elles ne déterminent pas de façon inéluctable et rigide notre comportement et ne nous rendent pas forcément incapables d'agir autrement. Nous pouvons résister à certaines de nos pulsions, prendre du recul sur nos émotions, les interroger et faire des choix raisonnés. Acquérir une meilleure connaissance de soi permet d'échapper à une dictature biologique qui souvent, nous fait trouver si séduisantes les personnes les plus susceptibles de nous être nocives.




1 - Bryan, AD, Webster, GD et Mahaffey, AL (2011). Les grands, les riches et les puissants: dimensions physique, financière et sociale de la domination en matière de reproduction et d’ attraction. Personnalité et Social Psychology Bulletin, 37 , 365–382.

2 - Sadalla, EK, Kenrick, DT, et Vershure, B. (1987). Dominance et attirance hétérosexuelle. Journal de la personnalité et de la psychologie sociale, 52 , 730–738.

3 - Snyder, JK, Kirkpatrick, LA et Barrett, HC (2008). Le dilemme de la dominance: les femmes préfèrent-elles vraiment les partenaires dominantes? Relations personnelles, 15 , 425–444.

4 -  Gangestad, SW, Simpson, JA, Cousins, AJ, Garver-Apgar, CE et Christensen, PN (2004). Les préférences des femmes pour les comportements masculins changent tout au long du cycle menstruel. Psychological Science, 15 , 203-206.

5 - Gilda Giebel est chercheuse en psychologie sociale, judiciaire et psychologie évolutionniste. Elle travaille actuellement au département de psychologie de l'Université de Constance, Allemagne.

 6 - Zuckerman, M. (2000). La recherche de sensations. Dans AE Kazdin (Ed.), Encyclopedia of psychology (Vol. 7, p. 225–227). Washington, DC et New York, NY: Association américaine de psychologie / Oxford University Press.

7 - Généralités sur les conduites à risque - Muriel Salmona 

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