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Le squirting - Ejaculation féminine, 2ème partie

Le squirting - Ejaculation féminine, 2ème partie

Le squirting un invariant de la sexualité féminine ?

Comme nous l’avons vu dans la première partie de cet article il y aurait deux catégories d’éjaculation. La première, éjaculation ordinaire, résulterait d’une production des glandes de Skene, ou glandes para-urétrales. La seconde, éjaculation fontaine (squirting), proviendrait de l’expulsion d’un liquide, différent de l’urine, accumulé dans la vessie pendant la phase d’excitation sexuelle. Si la première passe généralement inaperçue, la seconde est explosive et spectaculaire. Contrairement à ce que laisse entendre l’industrie de la pornographie, toutes les femmes ne produisent pas des éjaculations de type fontaine, mais le phénomène attire les curieux/curieuses et Pornhub propose plus 175 000 vidéos dédiées au squirting ! 

Les actrices du porno confessent que la demande croissante des prestations de type squirting les obligent à quelques subterfuges, tels que boire énormément pour uriner le moment venu ou gorger leur vagin d’eau afin de pouvoir, via une contraction des muscles vaginaux, l’expulser de façon théâtrale. En propageant l’idée que l’éjaculation est un invariant de la sexualité féminine et qu’elle est de surcroît synonyme d’une jouissance extrême, les pornographes empoisonnent les relations sexuelles de demandes ineptes. Nombre de femmes rapportent se sentir sous pression face à des partenaires persuadés qu’elle est le signe ultime d’un coït réussi, le saint Graal du plaisir sexuel. Ceci reflète pour partie l’analphabétisme sexuel des pornophiles et pour partie une perception historique de la sexualité généralement comprise comme un but à atteindre, la mise en pratique d’une technique et trop fréquemment une performance à réaliser.

Entre l'hypothétique et l'aléatoire.

Alors que certains cherchent désespérément à faire jaillir les grandes eaux, convaincus par l’industrie du X que telle est la condition pour être honorés du titre d’amant XXL, d’autres stressent de ne pas se transformer en geyser à la demande. Encore une fois, la sexualité n’appartient pas au domaine des sciences exactes et présente autant de cas de figure que d’individus qui s’y adonnent. D’ailleurs la règle intangible en la matière est qu’il n’y pas de règle. Donc pas de panique si la relation sexuelle ne se conclut pas en version Pornhub. Si la chose doit se produire elle se produira certainement au moment où vous vous y attendrez le moins, résultant probablement d’un concours de circonstances indépendant de votre volonté. Hormis pour les rares femmes chez lesquelles il est récurrent, on serait tenté de dire que le squirting se situe dans un espace compris entre l’hypothétique et l’aléatoire.

Quelques pistes de compréhension.

Les mystères de la sexualité féminine n’en finissent pas de tourmenter les esprits cartésiens et la théorie du chaos serait sans doute plus adaptée pour en rendre compte que la logique mathématique postulant que 1 plus 1 font 2. Cela étant, rien ne nous empêche de passer en revue différentes hypothèses pouvant expliquer pourquoi certains orgasmes sont accompagnés d’une importante émission de fluide.

  • La zone de Gräfenberg (point G) est souvent citée parmi les responsables possibles du phénomène. De nombreux témoignages en attestent, mais aucune étude scientifique n’est parvenue à les corroborer. On peut cependant penser que la stimulation des tissus entourant l’urètre peut avoir une action perturbante sur le fonctionnement du sphincter de l’urètre en diminuant son potentiel de rétention des liquides vésicaux. 
  • Une faiblesse naturelle, mais non pathologique, de ce même sphincter, pourrait aussi être la cause de l’effet squirting, notamment quand la contraction des muscles abdominaux conjuguée à celles des muscles périnéaux qui accompagne le temps orgasmique, est plus forte qu’à l’accoutumée ou encore lorsque la vessie est particulièrement pleine (ce qui peut advenir si elle n’a pas été totalement vidée avant le début des rapports sexuels, les liquides produits durant la phase d’excitation se rajoutant alors à l’urine déjà présente).
  • Certaines femmes font référence à l’intensité de l’orgasme, affirmant qu’il s'accompagne d'une éjaculation fontaine quand il est particulièrement puissant. Là encore il n’est pas exclu que des contractions musculaires spécialement énergiques soient à l’origine du squirting. 
  • Le lâcher prise est aussi désigné comme vecteur de l’éjaculation fontaine ainsi qu'on peut le constater dans certains récits évoquant cet état particulier de complet abandon, souvent en lien avec des ébats où les partenaires se livrent dans une totale confiance.
  • Enfin, on peut envisager que le squirting puisse parfois être multi-causal. 

En conclusion.

Étant donné que le squirting est une manifestation orgasmique relativement exceptionnelle, sa survenue peut troubler les femmes au point où un sentiment de honte, voire de dégoût les assaillent, induisant l’apparition d’une anxiété à jouir sans retenue dans les rapports ultérieurs. Cette réaction compréhensible est dans la plupart des cas en lien avec une absence ou un défaut d’information et parfois, avec l’attitude et les réflexions indélicates du partenaire. Il est donc important de comprendre que l’épanouissement sexuel n’est pas seulement le résultat de comportements désinhibés et qu’un minimum de culture sexologique est indispensable pour développer un érotisme sain et enrichissant. 

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