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Sextoys : quand le plaisir vous empoisonne

Sextoys : quand le plaisir vous empoisonne

Sextoys : cette "entreprise qui ne connaît pas la crise".

Depuis la nuit des temps, femmes et hommes ont trouvé avec la sexualité du plaisir un terrain de jeux des plus propices à l’expression de leurs capacités créatives et seul un excès de vanité pourrait nous laisser penser que notre époque a tout inventé. D’ailleurs, pour calmer cette éventuelle propension, rappelons que le plus ancien godemiché connu date du paléolithique supérieur ! Les raisons pour lesquelles nos ancêtres homosapiens se sont adjoints le concours d’artéfacts du pénis ne devraient pas être trop éloignées de celles qui de nos jours fondent le développement de l’industrie des sextoys : un mélange de pure lubricité, de nécessité de pallier les carences du pénis et d’une envie d’expérimenter en solo.

Le sex-toy version 21ème siècle est glamour, tendance, et nombreux sont ceux qui l’ont intégré dans leurs pratiques érotiques. Il se décline dans toutes les formes et formats, matières et couleurs. Vibrant ou non, articulé, doté de diodes, chauffant, dédié aux clitoris, vagin, anus et prostate, tout un chacun peut trouver le moyen de se satisfaire. Autrefois réservés à une clientèle confidentielle ne craignant pas l’ambiance glauque des sex-shops old school, les godemichés et vibromasseurs ont depuis une dizaine d’années trouvé, avec l’essor des love-shops (magasins du plaisir relookés bien sous tous rapports) et les sites de vente en ligne, une nouvelle voie de commercialisation essentiellement féminine. D’après une étude menée par l’Ifop en 2017, 49% des françaises ont avoué s’être amusées au moins une fois dans leur vie avec un sextoy, ce qui marque une sorte de banalisation de son usage et une déculpabilisation de la masturbation féminine. Cependant, prétendre qu’il participe à l’émancipation érotique des femmes est sans doute exagéré, sauf à concevoir l’émancipation comme un affranchissement de la relation duale. 

L’industrie du sextoy, très largement dominée par la Chine, génère un chiffre d’affaires de plusieurs milliards d’euros par an, entre 10 et 20 selon les sources. Entrés dans l’ère de la production de masse, les sextoys, comme tous les produits manufacturés, ne sont pas épargnés par la tentation du profit maximal. Les industriels, peu soucieux de la santé de leur clientèle, n'ont aucun scrupule et, réduction des coûts oblige, privilégient les matériaux de moindre qualité ou diluent les matériaux plus nobles avec des additifs. 

La recherche du profit au dépend de la santé.

Les phtalates, classées substances cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (qui altèrent la fertilité et le développement embryonnaire) par l’Agence Européennes des Produits Chimiques, sont aujourd’hui les additifs les plus couramment utilisés par les fabricants de sextoys. Problème : ces substances chimiques ont tendance avec le temps à se dissocier des matières avec lesquelles elles ont été combinées. Elles peuvent donc suinter à la surface des sextoys et pénétrer, via les muqueuses, dans le sang pour s’y concentrer (U.S National Library of Medecine/2016). L’accumulation des phtalates dans l’organisme représente un danger insidieux mis en évidence par plusieurs études scientifiques.

Si leurs conséquences fâcheuses pour la santé sont bien répertoriées, une étude menée en 2017 par des chercheurs du Laboratoire de neuroplasticité des comportements de reproduction de l’Institut de biologie de Paris-Seine, a montré leurs potentiels effets délétères sur la libido ! Après avoir exposé pendant quatre semaines des souris à de petites doses de DEHP (le phtalate le plus couramment utilisé selon l’OMS) ils ont pu observer que les mâles manifestaient un moindre intérêt pour leurs congénères femelles. En théorie, le DEHP est interdit d’utilisation en Europe depuis 2015. Cependant les fabricants chinois ne semblent pas faire grand cas de cette interdiction et nombres de leurs produits contiendraient encore des DEHP. 

L’utilisation de matériaux bon marché, PVC ou « Jelly », en plus de contenir potentiellement des phtalates, présentent une autre dangerosité du fait de leur porosité. Comme des éponges, ils s’imprègnent des germes et sont difficilement désinfectables. Dès lors, les transmissions bactériennes entre partenaires, même après nettoyage, sont fortement possibles. 

Faire le choix de la qualité.

Pour s’assurer d’une bonne qualité des sextoys, plusieurs règles sont à respecter. En premier lieu, éviter tout ce qui vient de Chine et tous les produits qui dans leur manuel d’utilisation font mention de mises en garde telles que : « Pour utilisation externe seulement », « À utiliser avec un préservatif » ou encore « À utilisation unique ». Ces indications sont clairement destinées à masquer ou minimiser la nocivité des matériaux utilisés. Sur Amazon, on trouve nombre d’articles se prévalant d’être « Fabriqués en 100% de matériaux silicone purs APPROUVÉS par la FDA ». La FDA, Food and Drug Administration, est un organisme de contrôle sanitaire qui a autorité sur le continent nord-américain, mais pas en Europe. De plus la mention « en matériaux de silicone purs » ne veut rien dire en soi. Seul le silicone de grade médical ou prémium garantit un niveau de sécurité optimal. 

Si vous ne souhaitez prendre aucun risque, privilégiez les matériaux suivants : la porcelaine, le verre (Pyrex), le silicone prémium ou de grade médical, l’acier inoxydable de grade médical et le bois recouvert d’une finition hypoallergénique tel que proposé par le fabricant français  Idée du désir. Avec quelques réserves : le bois non traité, l’ABS (Acrylonitrile Butadiène Styrène), les cristaux et pierres naturelles. À bannir : les TPE et TPR, le Cyberskin, le caoutchouc, le latex, le vinyle et le PVC. 

Nantis de ces informations vous pouvez faire un choix éclairé quant à la sélection de votre objet de plaisir. Pensez à vérifier la provenance, les matériaux utilisés, et si possible, privilégiez une fabrication éco-responsable. Ne focalisez pas sur le prix, il en va de votre santé. 

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