Sphère sociétale

Les robots sexuels sont parmi nous

Les robots sexuels sont parmi nous

A en croire de nombreux articles consacrés aux robots, nous serions définitivement en train de changer de monde.

Il est vrai que les progrès technologiques, notamment en matière d’intelligence artificielle, ont permis la création de machines humanoïdes assez bluffantes. L’industrie du sexe n’a pas pris le train de la révolution technologique en marche mais a compris dès le début tous les juteux profits qu’elle pourrait tirer d’une armée de travailleuses infatigables. 

Le rêve du robot sexuel n’est pas nouveau et se retrouve bien en amont de la littérature de science-fiction. Les prémices de la "fembot" se cachent dans le mythe de Pandore, une femme parfaite entièrement fabriquée par les Dieux. Elle reçut la vie d’Athéna, la beauté d’Aphrodite, le talent musical d’Apollon, l’art du mensonge, de la persuasion, de la curiosité d’Hermès et la jalousie d’Héra.

En 1927, dans son film Métropolis, Fritz Lang met à l’écran la première femme-robot, le double-machine de Maria, la belle prolétarienne. Le robot Maria est bien l’ancêtre de ce que nous nommons aujourd’hui les robots humanoïdes de type féminin ou gynoïdes. Les gynoïdes sont conçues à partir de stéréotypes culturels qui les rendent généralement séduisantes, sexy et obéissantes. On les voit apparaître régulièrement depuis les années 70 dans divers films, The Stepford Wives, Eve of Destruction, Buffy the Vampire Slayer. Dans chacun de ces films, ces femmes artificielles sont construites par des hommes pour leur plaisir personnel. A l’inverse, l’auteur phare de la science-fiction, Isaac Asimov, n’a jamais sexué les robots de ses histoires. Bien que la plupart d’entre eux portaient des prénoms masculins, Asimov s’est toujours refusé à leur donner un genre. En 2001, Spielberg crée pour A.I, Gigolo Joe, un robot sexuel mâle, création finalement paradoxale dans une société qui s’attend à ce que ce genre de robot soit de type féminin.

Si vous désirez acheter un robot sexuel aujourd’hui, votre choix sera limité. Il n’existe que peu de compagnies engagées sur ce marché. La plus connue est américaine, elle produit des RealDoll depuis 1996 et travaille à l’heure actuelle sur un projet de sexdoll incorporant quelques éléments d’intelligence artificielle. Si vous disposez de 8 000 euros, vous pourrez configurer votre sexbot sur mesure ; sexe, seins, visage, tout est interchangeable. Une autre compagnie a mis au point une doll dotée d’intelligence artificielle conçue pour apprendre ce que son propriétaire aime ou n’aime pas. Le promoteur du projet affirme d’ores et déjà avoir reçu plus de 4 000 commandes pour son joujou high tech. Plusieurs versions de la doll sont envisagées, avec des personnalités bien différentes, sauvage, kinky et "fleur bleue". Sur la bannière du site, on peut voir l’image d’une fille sublime, croupe cambrée de plaisir, ce qui est franchement trompeur, vu que la poupée réellement mise en vente ressemble plutôt à un mannequin des Galeries Lafayette des années 80. Les robots sexuels sont bien parmi nous mais il faudra attendre encore pour qu’ils rentrent dans la grande famille des "homininés". 

Dans la même thématique

Commentaires

Poster un commentaire

Osphères c'est avant tout...

Une information fiable, objective et diversifiée

Une approche décomplexée, éthique et responsable de la sexualité et de l’érotisme

Un espace privilégié de rencontres et d'échanges

Un univers où prévalent les principes de respect, de courtoisie et d’ouverture.